Une entreprise qui, par des solutions spécifiques s'adapte aux contraintes des industriels... La recette chez Soreal, c'est de savoir allier créativité, performance et réactivité avec un savoir-faire en process frais et ambiant pour plusieurs marchés.
La société Soreal, créée en 1992, est implantée sur la zone d'activités du bois de Teillay à Brie-Janze depuis 1998. Depuis 2007, suite au rachat de CPS toute la production a été ramenée sur le site de Bretagne. En proposant des sauces personnalisées et originales, l'entreprise fabrique 5000T de produits par an. Croiser les gammes SOREAL et CPS sur les deux marchés a été judicieux. CPS faisait le même type d'activité, mais pour un marché différent.
Comme le confirme Gilles Bocabeille, PDG de l'entreprise, il est clair qu'il existe une complémentarité évidente entre l'activité PAI et la RHD. " Cela se révèle tout à fait intéressant, nous le constatons aujourd'hui avec la croissance du CA. L'industrie est beaucoup plus exigeante, performante en termes de demandes de produits innovants. Nous réalisons du sur mesure pour tous les produits élaborés de viandes, traiteurs, salades etc. ", Chaque année, Soreal traite en moyenne 600 dossiers. C'est un métier très complexe, oĂą il faut répondre à énormément de demandes qui sont très différentes puisqu'elles concernent aussi bien la salade, que le sandwich, le carpaccio, le hamburger... alors qu'avec la RHD, on touche principalement les grands basiques, mayonnaise, sauce salade, ketchup... produits très courants sur le marché.
Lorsque Soreal a ramené l'activité CPS en Bretagne, s'est posé le problème de la restructuration. Comme l'explique Gilles Bocabeille, ce fût un véritable tour de force, notamment pour le recrutement du personnel de production (personnel de ligne, agents de maintenance, chefs de production...). " Ce sont des profils qui n'existent pas sur le marché, qui ne sont pas formés ou si peu, qu'ils sont extrêmement sollicités. Nous avons constitué alors notre équipe d'experts machines en les formant nous-mêmes. " [...]
Il y a très peu de turn over au sein de l'entreprise. " Nous voulons des gens qui restent, s'investissent, évoluent, grandissent... Le drame dans tout cela, c'est que nous ne trouvons pas les jeunes..., et que les bancs d'école qui s'offrent sont désertés." constate amèrement Gilles Bocabeille. [...]Pour le PDG, la promotion des métiers agroalimentaires auprès des jeunes manque cruellement. " [...] Les jeunes en ont une image souvent à des années lumière de ce qu'est la réalité, une image erronée. Il est de notre devoir de faire la promotion de nos métiers. Le travail en industrie n'est pas Cayenne, on y fait aussi de belles vies ! " [...]
Derrière le produit Soreal, il y a une traçabilité, un contrôle, une mesure curitaire, un service, une livraison, une sélection de matières premières, énormément de process, de l'achat et de l'approvisionnement extrêmement sécurisés... le tout entouré des normes ISO. Ce n'est pas de la transformation basique, C'est ainsi que l'on retrouve dans l'effectif 40% de personnes n'étant pas directement dans la production, avec un service R&D puissant. L'entreprise est aussi un laboratoire de développement pour ses clients : " Nous travaillons en étroite collaboration avec nos clients, jusqu'à les accueillir dans nos laboratoires pour réaliser des projets. Ils arrivent avec un besoin, une demande plus ou moins formalisée, Nous avançons sur le dossier au fur et à mesure jusqu'à rendre la demande la plus précise possible. Nous obtenons ensuite l'accord sur un prototype qui un peu plus tard aboutit à une validation sur le marché avant d'enchaîner sur les séries " souligne Gilles Bocabeille.
En moyenne, entre l'idée du produit et sa première commande sur palette, le délai écoulé peut être de six mois à un an. " Certains des produits élaborés, pour lesquels nous travaillons, ont reçu un prix, Nous travaillons dans l'ombre mais nous n'éprouvons aucune aigreur à ne pas être reconnus, car notre satisfaction réside dans le fait de vivre ces projets avec nos clients. "
Le profil type de la clientèle Soreal ? Ce sont des industriels de la viande, du végétal... qui se sont dirigés sur de l'élaboré. Lorsqu'ils font une marque, ils ont à développer un concept qui nécessite le recours à des fournisseurs spécialisés. Dans le trio de tête des produits en IAA et pour lesquels l'entreprise travaille, on compte la volaille, la viande, et le traiteur. " En Bretagne, nous avons vu arriver les différentes vagues d'élaborés sur les différents secteurs. L'un des premiers secteurs à été la volaille. Suite aux problèmes de dioxine, de grippe aviaire etc, il y a eu des reports sur la viande rouge, sur le porc, le poisson... A chaque lois, les crises ont provoqué l'émergence de produits élaborés, mais aussi des produits traiteurs qui utilisent également nos produits en doses. Le marché évolue, et nous aussi !
[...] Cette année je suis très fier de constater que nous avons fait progresser le CA de 15 %, tout en réduisant de 10 % nos achats d'huile.Je pense aussi à un fait marquant, c'est que notre évolution a été bien suivie par nos clients. Pour nous, cela symbolise une véritable reconnaissance. "
Comme le précise Joseph Lavanant, Directeur commercial, " depuis plusieurs années, nous observons dans les PAI des tendances fortes. C'est en industrie oĂą il y a l'innovation, et la RHD suit ce mouvement. Le kebab depuis 4 ans tonnait une croissance importante, mais aussi l'ethnique, les aigres doux et produits asiatiques, tsatsiki, marinades... nous développons énormément de gammes sur ces produits.
Nous sommes force de proposition sur ces nouvelles tendances. Le travail de veille s'effectue par le contact marché, et par les clients qui nous sollicitent énormément. L'autre tendance lourde est d'aller vers du nutritionnel, le light, les produits clean, avec un minimum de conservateurs... "
D'autre part, les clients des chaînes de restauration collective et commerciale sont de plus en plus conscients et désireux de toucher à des produits mieux élaborés, avec plus de performances intrinsèques : moins de matières grasses, plus équilibrés.., des tendances fortes qui sont déjà très développées en PAI depuis longtemps et que la RHD intègre progressivement. On parle du pouvoir d'achat, d'un manque de confiance, d'un recul de la consommation.
Pour Gilles Bocabeille, cela se mesure très objectivement sur le marché. " Chez certains de nos clients, qui habituellement connaissent une croissance de leur activité, nous constatons une stagnation, voire parfois une régression. [...] " Soreal s'adapte aux tendances de consommation, au marché, et travaille également pour les MDD.
" Lorsque notre dosette de sauces fait partie d'un produit de marque, nous ne pouvons proposer une sauce identique pour un concurrent dont le projet est de réaliser une copie MDD... nous intégrerons alors, par exemple, un curry ou une marinade, mais en créant un produit spécifique avec notre savoir-faire ingrédient, et selon le cahier des charges, ajoute Joseph Lavanant.
C'est en cela que réside aussi notre richesse, en la capacité créative. "
D'un point de vue de l'incidence environnementale, il y a deux ans, l'entreprise a substitué tous les plastiques par des papiers, et cherché à réaliser des emballages les plus fins possible. " Par rapport à notre activité, il serait mal venu de dire que nous ne nous sentons pas concernés par l'environnement, souligne Gilles Bocabeille. J'ai l'exemple des polypro. Même si cette propriété ne sera pas mentionnée sur le produit fini pour le consommateur, notre client de la PAI industrielle appréciera cette démarche d'aller vers des matériaux recyclables.
Nous sommes aussi passés d'un produit de coupelle à un sachet dosette. De 2,5 g de plastique, nous sommes passés à 0,5 g. Au niveau de la conception de l'usine elle-même, il y a la consommation d'énergie. Les chauffe-eaux utilisés pour le nettoyage de l'usine ont été supprimés progressivement. Nous avons réussi à mettre en place tout un système afin de cuire nos sauces, les refroidir, en récupérant l'énergie qui réchauffe les eaux. Le soir l'usine est nettoyée en utilisant l'eau chaude, grâce à la thermique provenant de la sauce refroidie dans la journée. Au final nous avons divisé par quatre la facture énergétique ! »